Cadre général

Depuis les décrets « Missions » (1997) et, plus encore, « Citoyenneté » (2007), le législateur a manifesté la volonté de placer l’éducation à la citoyenneté au cœur des objectifs éducatifs de l’enseignement obligatoire en Communauté française.
Le décret du 22 octobre 2015 prévoit, quant à lui, que les établissements scolaires de tous les réseaux d’enseignement participent à l’acquisition d’une série de compétences liées à la philosophie et à la citoyenneté.

Dans son article 60bis §3, le décret précise un double objectif :

  • le développement de compétences et de savoirs relatifs notamment à l’éducation philosophique et éthique et à l’éducation au fonctionnement démocratique, y compris l’éducation au bien-être ;
  • le développement de modes de pensées, de capacités d’argumentation et de raisonnement critiques et autonomes ainsi que le développement d’attitudes responsables, citoyennes et solidaires.

Le choix de l’enseignement catholique a été d’incarner cette éducation à la philosophie et à la citoyenneté dans des disciplines de la grille horaire ou dans « des activités éducatives citoyennes solidaires et culturelles développées au sein ou à l’extérieur de l’établissement scolaire ».

La mise en œuvre de ce nouveau référentiel de compétences ne signifie évidemment pas que ces apprentissages « philosophiques et citoyens » étaient absents du travail quotidien mené par les équipes d’enseignants et qu’il s’agira donc de lancer de tout nouveaux chantiers. Il s’agit ici de formaliser des pratiques pédagogiques porteuses et déjà bien implantées dans nos programmes et dans la vie de nos écoles.

Ce choix offre l’avantage de confier à une équipe d’enseignants un objet d’enseignement commun transversal, favorisant ainsi l’émergence de pratiques collaboratives et les regards croisés d’enseignants de disciplines différentes sur le cheminement citoyen des élèves.

Dans une visée humaniste, l’enseignement catholique a saisi l’opportunité de cette réforme pour conjuguer, au travers de cette orientation pédagogique intégrative, les valeurs de l’Évangile auxquelles son projet se réfère et les compétences liées à la philosophie et à la citoyenneté, dans la mesure où elles se renforcent mutuellement.

Chaque école est libre d’élargir les possibilités d’exercice des compétences de l’Éducation à la philosophie et à la citoyenneté à travers plusieurs cours ou dans le cadre de son projet  d’établissement. L’exercice de relecture des programmes et l’identification de toutes les pratiques et actions déjà réalisées constituent une réelle opportunité pour soutenir et renforcer les orientations pédagogiques du réseau.

En outre, comme le souligne le référentiel des compétences terminales de l’Éducation à la philosophie et à la citoyenneté, « L’EPC vise une compréhension pluraliste et critique des enjeux de la citoyenneté ; c’est à ce titre que la démarche philosophique doit guider l’ensemble de ses apprentissages ». Cette éducation est à dispenser à raison de l’équivalent de 30 périodes minimum par an.